Vive l’usine !

Quelle drôle d’idée a-t-on eu un jour d’imaginer que la production de richesses pouvait se passer de la production de biens ! L’industrie française a sombré dans cette folie avant de se reprendre tout doucement ces dernières années.

EN 2018, le nombre des usines créées a légèrement dépassé celui des fermetures. Mais la France a perdu 600 usines depuis 2008 et les nouvelles usines sont souvent des petites unités créées avec un faible investissement (environ 3 millions d’€) et de petits effectifs (50 personnes).
[Source : Les Échos]

L’illusion stupide que de beaux cerveaux français concevraient en France des produits fabriqués en Asie a fait long feu : Les Chinois ne sont pas manchots du ciboulot et savent concevoir désormais les produits qu’ils fabriquent. Relocaliser devient désormais un argument économique, produire en France en contrôlant sa chaîne de valeur permet d’être plus compétitifs qu’une production asiatique.

L’usine moderne est intégrée, elle conçoit et fabrique en proximité, elle distribue de l’autre côté de la rue, elle vit aux mêmes heures que ses clients. Et elle est belle ! Le ballet des robots permet aux hommes de se consacrer aux travaux du talent et de l’intelligence, l’ouvrier n’est plus un besogneux mais un expert.

C’est de l’industrie que viendra le sursaut économique du pays, une industrie propre mais productive. Ce 20 septembre, le gouvernement vient de réactiver le dispositif fiscal du « suramortissement » permettant la déduction de 40% des investissements des PME dans les technologies numériques. Les PME, enfin ! Même si la mesure est annoncée sur une période limitée à deux ans, elle est bonne à prendre.

Un regret : rien ne vient assister, dans le dispositif présenté par Édouard Philippe, les industriels à mieux vendre leur production avec les technologies numériques alors que la vétusté des circuits de distribution et la trop grande dépendance aux gros donneurs d’ordres freinent les capacités commerciales des petits et moyens industriels.